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L'arrogance du temps

Sep 11
2 min read

Je crois que lorsqu’on

perd quelqu’un consciemment,

on a peut-être un peu moins mal.


Par là, je veux dire

qu’il arrive que la vie

fasse les choses naturellement.


On se perd dans le vouloir.


On s’éloigne

sans même s’en rendre compte,


jusqu’à ce qu’il ne reste plus

entre nous

que le silence.


Parfois aussi,

on se quitte par choix,


conscients que c’était

la chose à faire.


Une pilule difficile à avaler,

même lorsqu’on sait qu’elle est nécessaire.


Mais il existe

des séparations

que le cœur refuse.


Celles auxquelles on résiste.

Celles qu’on repousse

parce qu’on voudrait

juste un peu plus de temps.


Parce qu’on n’a pas fini

d’écrire cette histoire,


même lorsqu’on réalise

qu’on est désormais

seul à tenir la plume.


Je vous parle

de ces séparations

qu’on n’avait jamais envisagées.


Du deuil

de ce qui aurait pu être,


plutôt que de ce

qui a réellement été.


De tous ces lendemains

qu’on avait déjà vécus

dans notre tête

et qu’il faut soudain

apprendre à ne plus attendre.


Parce que quelqu’un

nous demande

de nous arrêter là.


Je vous parle

de ces au revoir

où la main

ne sait même pas

ce qu’elle fait

lorsqu’elle fait signe de partir.


De cette larme

qui s’échappe d’un œil

pendant que l’autre

retient une fierté

qui ne nous ressemble même pas.


De ce câlin

qu’on se donne

de l’intérieur,

si fort

qu’on peine

presque à respirer.


Et de cette peur

qui traverse tout le corps

lorsqu’une seule question

finit par rester :


comment est-ce qu’on survit

à quelque chose

qu’on ne voulait même pas perdre ?


Et puis,

il y a le temps.

Il nous regarde

et nous demande

simplement de le laisser faire.


Le temps a cette arrogance

de croire

qu’il peut toujours

tout soigner.


Peut-être qu’il a raison.


Mais ce qu’il oublie,

c’est que certaines blessures

ne lui demandent pas de les guérir.


Elles lui demandent

de leur apprendre

à vivre

avec ce qui ne reviendra pas.

 
 
 

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